Hyperalcoolisation rapide :
une phase passagère ou une nouvelle tendance?

2019/08/20

Un nouveau rapport du Canadian Medical Association Journal (rapport disponible en anglais seulement) révèle une hausse du nombre de visites aux urgences dues à l’alcool. En effet, le nombre de visites directement imputables à l’alcool a augmenté en moyenne de 7 % par année de 2003 à 2016. Bien que la plupart des visites aient été effectuées par des hommes, le taux de visites des femmes âgées de 25 à 29 ans a grimpé de 240 %.

Ce rapport met en évidence une tendance préoccupante liée à l’hyperalcoolisation rapide chez les Canadiens, laquelle pourrait avoir une incidence sur les taux de morbidité et de mortalité au cours des prochaines années. L’augmentation du nombre de visites chez les jeunes adultes en particulier met en garde les gestionnaires de réclamations d’inclure les dossiers d’hospitalisation des demandeurs plus jeunes, que ce soit en matière d’assurance vie, de décès et mutilation accidentels, de maladies graves ou d’invalidité lorsque l’abus d’alcool peut jouer un rôle important ou déterminant dans le cadre des demandes de règlement relatives, par exemple, aux traumatismes physiques, aux défaillances d’un organe ou aux rapports d’un coroner. Les produits à émission des risques simplifiée, pour lesquels les demandeurs touchés peuvent être des demandeurs plus jeunes ou ceux intéressés par une sélection des risques moins rigoureuse, sont particulièrement visés par cette préoccupation.

En quoi consiste l’hyperalcoolisation rapide?

Il n’y a pas de définition unique décrivant l’hyperalcoolisation rapide, mais selon des études du Centre de toxicomanie et de santé mentale, cela signifie boire beaucoup d’alcool en une occasion, soit cinq verres ou plus pour un homme et quatre verres ou plus pour une femme.

Que devraient considérer les tarificateurs et les gestionnaires de réclamations?

La tarification des risques liés au mode de vie qui repose sur une déclaration volontaire constituera toujours un défi inhérent. Plusieurs années peuvent être requises pour montrer les effets d’une consommation excessive d'alcool en cas de défaillances d’un organe. Toutefois, les tarificateurs et les gestionnaires de réclamations peuvent en détecter certains signes en consultant les dossiers médicaux et d’hospitalisation :

  1. Références à une hyperalcoolisation rapide ou à un « buveur social fréquent » dans les dossiers du médecin de famille, même à l’adolescence;
  2. Dossiers de conduite avec condamnation pour conduite avec facultés affaiblies ou suspension de permis en raison d’un taux d’alcoolémie élevé;
  3. Instabilité d’emploi ou revenus précaires, surtout chez les 25 à 29 ans;
  4. Troubles gastro-intestinaux;
  5. Déclarations incohérentes sur la consommation d’alcool en comparant les propositions d’assurance/entrevues téléphoniques actuelles et antérieures, ainsi que sur les taux d’alcool mentionnés dans les lettres d’hospitalisation et les examens médicaux;
  6. Antécédent non comptabilisé de chutes graves, de blessures ou de visites aux urgences;
  7. Résultats élevés à l’examen des fonctions hépatiques (AST et ALT, phosphatase alcaline (PA) et bilirubine par exemple) lors d’analyses de routine en laboratoire.

Les assureurs devraient-ils s’inquiéter?

Seul l’avenir dira si cette tendance liée au mode de vie aura une incidence considérable sur les taux de mortalité et de morbidité. Il est trop tôt pour dire quels pourraient être les risques à long terme, mais les assureurs doivent continuer à faire preuve de diligence lors de la collecte de preuves d’assurabilité et de demandes de règlement, et à ne pas négliger le nombre de visites à l’hôpital imputables à l'alcool.

 

Dans les années à venir, Munich Re continuera à suivre les tendances relatives aux demandes de règlement et à transmettre les résultats du secteur à nos partenaires. N’hésitez pas à communiquer avec nous si vous avez des questions au sujet de l’évaluation des risques d’hyperalcoolisation rapide.

Pour contacter les auteures
Marylou Dunn
Marylou Dunn
Vice-présidente et tarificatrice en chef
Kerin Moreton
Kerin Moreton, ALHC, FLMI, ACS, AIAA
Vice-présidente adjointe, réclamations
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