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11 juillet 2018

Usage de cigarettes électroniques au Canada

Environ 20 % des adolescents canadiens de 15 à 19 ans déclarent avoir essayé les cigarettes électroniques. Sont-ils plus susceptibles de devenir fumeurs de cigarettes pour autant? C’est la question à laquelle des chercheurs canadiens ont tenté de répondre dans une étude publiée dans la revue médicale CMAJ en octobre 2017.1


Incidences des cigarettes électroniques sur les habitudes de tabagisme des jeunes
Se fondant sur les données de plus de 19 000 élèves de la neuvième à la douzième année dans 89 écoles de l’Ontario et de l’Alberta, les chercheurs ont sondé les participants pour connaître leurs habitudes liées au tabagisme en 2013-2014, puis un an plus tard. Les élèves devaient se prononcer sur leur usage de la cigarette au cours des 30 jours précédents, et les réponses ont été classées en six catégories : usage quotidien, moins d’une cigarette par jour, usage antérieur mais abstinence dans les 30 derniers jours, fumeur « expérimental » (a déjà fumé une cigarette entière), « inhaleur » (a essayé une cigarette sans la terminer), non-fumeur. Environ 10 % des adolescents ont indiqué avoir fumé une cigarette électronique dans les 30 jours précédant le sondage.1


L’étude montre qu’entre 2013 et les entrevues de suivi en 2015, la prévalence de l’utilisation de cigarettes électroniques est passée de 7,2 % à 9,7 %, tandis que l’usage du tabac a reculé de 11,4 % à 10,8 %. Cependant, parmi les élèves qui avaient affirmé n’avoir jamais fumé lors de la première entrevue, 8,4 % ont déclaré avoir fumé une cigarette en 2015. Dans l’ensemble, les élèves qui ont indiqué avoir fumé une cigarette électronique dans les 30 jours précédant l’entrevue de 2013 étaient plus susceptibles d’avoir commencé à fumer et de fumer sur une base quotidienne au moment de l’entrevue de suivi.1


Cela dit, d’autres études doivent être réalisées afin de déterminer l’existence d’une relation de cause à effet. La cigarette électronique encourage-t-elle le tabagisme, ou l’étude a-t-elle simplement permis de repérer à un plus jeune âge les personnes susceptibles de devenir fumeuses?


Projet de loi S-5 : Loi modifiant la Loi sur le tabac
Avec le projet de loi S-5, le gouvernement fédéral réagit aux préoccupations au sujet de la relation entre l’usage de la cigarette électronique et du tabac et les taux de tabagisme chez les adolescents. La loi, qui vise à légaliser la vente de produits de vapotage aux Canadiens de plus de 18 ans, interdira la vente aux mineurs. Le gouvernement a affirmé que la réglementation appuierait son objectif de réduire l’usage du tabac de 15 % en 2015 à moins de 5 % d’ici 2035.


En ce qui a trait aux jeunes canadiens, Bill Blair, secrétaire parlementaire de la ministre de la Justice et procureure générale du Canada et du ministre de la Santé, précise que le projet de loi est un outil qui permettra de renforcer les mesures pour empêcher les jeunes d’avoir accès à des produits de vapotage et à des produits du tabac en interdisant la vente de ce produit dans des machines distributrices et en exigeant une preuve d’âge au point de vente ou à la livraison, dans le cas des produits achetés en ligne. Les détaillants qui vendent des produits du tabac à des mineurs s’exposent à une amende de 3 000 $ dans le cas d’une première infraction et à une amende pouvant atteindre 50 000 $ pour les infractions subséquentes.2


Le projet de loi S-5 interdit également de faire la promotion d’arômes considérés comme ciblant les jeunes utilisateurs, comme des arômes de confiserie et de boisson gazeuse.

Une solution de rechange sécuritaire au tabac?
Les critiques du projet de loi font valoir que le vapotage est une solution de rechange sécuritaire au tabac. Est-ce le cas? Il est peut-être trop tôt pour tirer des conclusions, mais des chercheurs et des universitaires commencent à se prononcer.


Selon l’énoncé de position que les Centers for Disease Control ont publié sur leur site Web, les cigarettes électroniques ont le potentiel d’être bénéfiques pour les fumeurs adultes si elles remplacent complètement les produits du tabac fumés. Ils ne les jugent cependant pas sécuritaires pour les jeunes, les jeunes adultes, les femmes enceintes ou les adultes qui ne consomment pas de produits du tabac.3


L’énoncé de position de l’Association médicale canadienne indique qu’en l’absence de preuves solides de préjudices ou de bienfaits, la vente de cigarettes électroniques qui contiennent de la nicotine doit demeurer interdite au Canada et toute vente de cigarettes électroniques à des Canadiens qui n’ont pas l’âge minimal pour consommer du tabac devrait être interdite.4


Les National Academies of Sciences, Engineering and Medicine des États-Unis ont mené récemment un vaste examen des effets de la cigarette électronique sur la santé. Ils ont conclu qu’il est encore trop tôt pour comparer les effets de la cigarette électronique à ceux des produits du tabac fumé, puisque la cigarette électronique n’est offerte sur le marché américain que depuis 2006. Ils ont cependant pu tirer certaines conclusions provisoires, dont les suivantes:


  • Il existe des preuves concluantes que l’exposition à la nicotine et à d’autres substances potentielles toxiques contenues dans les cigarettes électroniques varie grandement et dépend des caractéristiques des produits ainsi que du dispositif utilisé.

  • Il existe des preuves suffisantes que certains produits chimiques présents dans l’aérosol des cigarettes électroniques peuvent causer des dommages à l’ADN. Il n’a pas été déterminé si le niveau d’exposition est suffisamment élevé pour jouer un rôle dans la carcinogenèse chez l’humain.

  • Par ailleurs, il n’existe pas de preuves selon lesquelles l’utilisation de cigarettes électroniques est associée ou non à des paramètres intermédiaires associés au cancer chez l’humain.

  • Il existe peu de preuves que la cigarette électronique est associée à une hausse à court terme de la tension artérielle systolique, à des changements au chapitre des biomarqueurs, du stress oxydant et du contrôle autonome, ainsi qu’à une augmentation du dysfonctionnement endothélial et de la rigidité des artères. Il existe cependant des preuves insuffisantes que la cigarette électronique peut être associée à des changements à long terme au chapitre du rythme cardiaque, de la tension artérielle ainsi que de la géométrie et de la fonction cardiaques.

  • Il n’y a pas de preuves selon lesquelles l’utilisation de cigarettes électroniques est associée ou non à un risque accru de maladies coronariennes cliniques, d’accident vasculaire cérébral ou de maladie vasculaire périphérique.


Une question en suspens
L’effet à long terme des cigarettes électroniques sur la santé et le bien-être des Canadiens reste à démontrer. Bien que le recul graduel des taux de tabagisme soit encourageant, le remplacement des produits du tabac par la cigarette électronique n’est peut-être pas la solution miracle que certains utilisateurs espéraient.


Il n’a pas été démontré que la cigarette électronique mène au tabagisme chez les jeunes, mais le projet de loi S-5 a reçu la sanction royale et deviendra une loi sous peu. À mesure que d’autres études seront publiées, les tarificateurs devront continuer de surveiller les habitudes d’utilisation des cigarettes électroniques et rester au fait des développements.



Références
1. Electronic cigarette use and smoking initiation among youth: a longitudinal cohort study. David Hammnd PhD, Jessica L. Reid MSc, Adam G. Cole MSc, Scott T. Leatherdale Phd
2. Library of Parliament Bill S-5: An Act to amend the Tobacco Act and the Non-smokers’ Health Act and to make consequential amendments to other Acts, Publication No. 42-1-S5-E
3. www.cdc.gov/tobacco/basic_information/e-cigarettes
4. CMA.ca
5. Public health consequences of e-cigarettes, conclusions by outcome. The National Academies of Sciences, Engineering, Medicine, nationalacademies.org/eCigHealthEffects

Contact

Marylou Dunn
Vice-présidente et tarificatrice en chef
416 359-2277


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